ART DÉCEPTEUR          -2017

Cette publication est un regard singulier porté sur les méthodes de légitimation de l’art à travers ses institutions. Une réflexion sur le rapport entre l’oeuvre, l’artiste et le commentaire qui les précède. Cette recherche création repose sur une conjonction symbolique, une métaphore, détournant les postulats traditionnels du milieu de l’art en recourant à la manœuvre, à l’insertion, à l’art furtif et en s’incarnant dans un personnage emprunt des caractéristiques de l’archétype du décepteur se révélant être la coexistence d’opposés dans une même réalité. Le milieu de l’art est ici vu comme un territoire, un écosystème composé de relations entre agents, entre objets et entre espace à l’écologie précaire. Cette recherche propose de se positionner sur la frontière, sur le seuil de ce territoire. Se situer entre deux mondes engendrant un dissensus créant ainsi du politique. (134 pages)

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Extraits

" Le Décepteur observe l’anus[1] du critique

Le Décepteur se retrouve donc dans la galerie, mais le passage n’est pas sans risque. La présence du Hibou critique juché entre la galerie et le ciel, son corps traversant le plafond, lui fait hérisser la toison. Son corps liant l’extérieur et l’intérieur forme un passage entre bec et anus béant. Son gosier vidé des derniers petits festins, l’ouverture semble toute indiquer sa famine. Le critique qui semble occupé à regarder vers le haut, notre fripon profite de ce moment pour lui regarder le postérieur. Mais son œil grand ouvert cherchant un repas s’en aperçoit et le lui reproche.

 

Le Décepteur s’en défend — Au-delà des apparences, j’observais le sublime du ciel et non le contour de votre anus. Et c’est sans aucun doute de votre faute, car c’est bien parce que vos boyaux sont vides que cela a pu se produire et que maintenant votre faim vous guide à me farcir de vos blâmes."

(...)

 

 Sur le seuil, j’attends…

 

Suis-je ou non citoyenne du territoire de l’Art? La réponse présuppose une égalité interne ou externe et cela présuppose aussi l’assignation d’une place, d’une fonction, soit ceux qui se qualifient dans la catégorie externe et ceux qui à l’inverse se qualifient dans la catégorie interne. Tout ceci constitue un lieu commun. Par contre, nous ne sommes pas ici dans un lieu commun créé par deux entités et aussi, ce territoire n’est pas littéralement isolé. Il y a circulation. Il y a un passage où transite par le jeu laissé au seuil de la porte ce que l’on peut contrôler. Ici, c’est l’emplacement même où la citoyenne interne laisse place à la citoyenne externe et vice-versa. Paradoxe entre séparation et lieu de rencontre. Nous sommes sur le seuil, lieu d’agitation, lieu de médiation où ce n’est pas la politique qui crée le lieu, mais le lieu qui est zone de création politique."