À PROPOS / ABOUT

BIOGRAPHIE

Artiste multidisciplinaire, Caroline Fillion est originaire de Saguenay (Québec, Canada). Sa pratique conceptuelle repose sur des conjonctions symboliques ou des métaphores questionnant, détournant ou transgressant les postulats traditionnels du milieu de l'art. Une réflexion tempérée dans un absurde sérieux, sur les méthodes de légitimation de l'Art à travers ses institutions et sur le rapport entre l'œuvre, l'artiste et le commentaire qui les précède.

Boursière au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts et lettres du Québec, elle a participé à plusieurs expositions régionales, nationales et internationales. Ses œuvres figurent au sein de plusieurs collections privées et publiques, dont celles de Loto-Québec. Elle est titulaire d'une maîtrise en art visuel de l'Université du Québec à Chicoutimi, d'un diplôme d'étude supérieur en gestion des organismes culturels de HEC Montréal, d'un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme d'étude collégial en art visuel du Cégep de Chicoutimi.

4R4A4625_BWr2.jpg

(C) Patrick Simard

 DÉMARCHE

DISSENSUS/SOFT-TERRORISTE                                                                

 

Reposant sur des conjonctions symboliques ou des métaphores, questionnant, détournant ou transgressant les postulats traditionnels du milieu de l’art, ma recherche/création s’incarne dans la coexistence d’opposés dans une même réalité. C’est une réflexion tempérée dans un absurde sérieux sur les méthodes de légitimation de l’Art à travers ses institutions et le rapport entre l’œuvre, l’artiste et le commentaire qui les précède. Multidisciplinaires, les œuvres révèlent des mises en scène de fiction situées entre deux mondes, engendrant ainsi le dissensus et créant du politique.

Paraissant dès lors hors du temps, les représentations réalisées sont intimement liées à des lieux qui ne sont jamais définitivement situés. Elles illustrent et confrontent la conception et la représentation spatiale des lieux, créant ainsi une relation entre l’espace et les objets qui se rencontrent et s’entremêlent pour mieux se révéler. Ces non-lieux se rapprochent plutôt d’un moment singulier que d'une réalité, ils s’accolent de manière « ironique » à la quête du « sacré de l’Art ».

FIN DE L’ART - La mort de l’Art a été annoncée si souvent… Aujourd’hui, sommes-nous en train de produire de l’Art sur un territoire post-apocalyptique? Suite à la catastrophe, l’Art se réinvente-t-il à travers les ruines du passé?

 

Des penseurs, à plusieurs reprises au cours de l’histoire, ont annoncé la mort de l’Art. Cette notion de fin, bien plus qu’une prédiction de changement esthétique, faisait constat de la situation actuelle de l’art et convertissait sans conteste les paradigmes en place.  Leurs augures d’une disparition de l’Art, ne supposaient pas ou du moins ne se réalisaient pas en réelle fin, mais elles changeaient les mœurs de l’Art tel qu’on les connaissait. En ce sens, elles deviennent donc des emblèmes d’une possible reconfiguration des modèles proscrits, des signes d’une éventuelle renaissance de l’Art.

APOCALYPSE ET BIG BANG - L’Apocalypse est essentiellement politique, car elle a le pouvoir de transformation. C’est la conception du mal, de la violence et du chaos comme notion morale. C’est la destruction du monde tel qu’on le connait. Mais, ce n’est pas un anéantissement; c’est un avertissement, un appel pour le présent. C’est l’annonce de la fin de l’Art, et ce, jusqu’à la renaissance du Phénix. La destruction, c’est l’espérance d’une régénération à un moment de désespoir. Alors que les fidèles se sentent désarmés et vaincus d’avance, des visions réactivent les esprits en dévoilant un avenir radieux après les épreuves. Une lecture de la métaphore possible : prendre conscience de l’importance de l’Art et de son caractère éphémère.

 

Métaphoriquement, comme le Big bang restitue la thèse que la dissolution d’un monde est l’instant initial d’une nouvelle histoire ou dans le cas de l’Apocalypse, essentiellement politique car elle a le pouvoir de transformation, les annonciations de la mort de l’Art deviennent donc les emblèmes d’une possible reconfiguration des modèles proscrits, les signes d’une éventuelle renaissance de l’Art. C’est la conception du mal, de la violence et du chaos comme notion morale. C’est la destruction du monde tel qu’on le connait. Mais, ce n’est pas un anéantissement; c’est un avertissement, un appel pour le présent. C’est l’annonce de la fin, et ce, jusqu’à sa renaissance. La destruction, c’est l’espérance d’une régénération.

 

L'ART VERSUS RELIGION - L’Art est métaphoriquement un univers sacré intangible et impénétrable se situant dans les cieux, comparable au monde des dieux. Ici, le ciel est perçu comme un lieu de passage et, afin de prendre connaissance du pouvoir et du potentiel d’élévation vers le sublime des œuvres, on a construit des lieux de culte, des institutions, des centres d’art ayant le pouvoir d’accéder à cette entité sacrée.

L'ART ET LA MÉTAPHORE DE L'O.V.N.I.S - La théorie des anciens astronautes stipule que les dieux de nos ancêtres étaient en réalité des visiteurs venus d’autres planètes pour apporter sur la Terre le savoir dans les domaines de l'Art, l’écriture, l'architecture, etc. Ces entités, venues d’un monde puissant et magique descendant des étoiles, seraient devenues au fil des siècles ce qu’on appelle des «dieux ».

EN

Based on symbolic conjunctions or metaphors, questioning, diverting or transgressing the traditional postulates of the art milieu, my research/creation is embodied in the coexistence of opposites in the same reality. It is a reflection tempered in an absurd seriousness on the methods of legitimization of Art through its institutions and the relationship between the work, the artist and the commentary that precedes them. Multidisciplinary, the works reveal fictional stagings situated between two worlds, thus generating dissensus and creating politics.

Seemingly out of time, the representations are intimately linked to places that are never definitively located. They illustrate and confront the conception and spatial representation of these places, creating a relationship between space and objects that meet and intermingle to better reveal themselves. These non-places are closer to a singular moment than to a reality, they are attached in an "ironic" way to the quest for the "sacred of Art".

A multidisciplinary artist, Caroline Fillion holds a master's degree in visual arts from the Université du Québec à Chicoutimi, a graduate diploma in management of cultural organizations from HEC Montréal, and a bachelor's degree in visual and media arts from the Université du Québec à Montréal. She has received grants from the Canada Council for the Arts and the Conseil des arts et lettres du Québec and has participated in several regional, national and international exhibitions and residencies.