Apocalypse Langage Plus Apocalypse          -2019

 

Apocalypse Langage Plus Apocalypse 1, vidéo, durée : en boucle, 2019

Apocalypse Langage Plus Apocalypse 2, vidéo, durée : en boucle, 2019

 

De l’infiltration d’eau à l’art infiltrant

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2018, un incendie ravageur détruisait l’entièreté du Musée national de Rio de Janeiro au Brésil, une tragédie culturelle pour le patrimoine humanitaire résultant de coupes budgétaires ayant mené à la négligence forcée du bâtiment.

À quelques jours près, Caroline Fillion immergeait Langage Plus dans les eaux troubles du lac Saint-Jean, appelant à une hypothétique catastrophe où l’art serait noyé à jamais, d’autant plus que ce centre a un important historique lié aux sinistres par l’eau. Invitée à créer une vidéo portant sur le lac Saint-Jean en lui-même, elle a tenté d’y voir clair sous sa surface et d’en faire ressortir une vision mystérieuse, presque d’horreur. Son diptyque vidéo présente ainsi une image forte et obscure sur la place qu’occupe l’art dans notre région éloignée des grands centres urbains et dans les priorités de notre société, à la merci des budgets que l’État réserve à la culture.

D’autre part, depuis l’ère industrielle, des grandes instances portent des décisions très influentes sur le territoire qui se devrait d’être collectif – tout comme les lieux d’art. Rappelons-nous la Tragédie du lac Saint-Jean de 1926 au profit de grandes industries, inondant de manière permanente les terres des cultivateurs riverains et modifiant à jamais le visage de la topographie régionale. L’eau du lac peu profond en porte encore les vestiges, puisque les particules dorées qui le troublent ainsi que son fond sablonneux comme un désert en sont la conséquence directe.

Les vidéos de Fillion montrent une eau douce pouvant être aussi malfaisante et destructrice que jamais. Une alerte est sonnée, saurons-nous la déchiffrer?

Mariane Tremblay, directrice artistique centre d'art actuel Langage Plus, Alma